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Le Mal Aigu des Montagnes (MAM)

Article écrit par admin le 31 mar 2010 dans la catégorie : Préparation   -  

Mal aigu des montagnes (MAM)

Le mal aigu des montagnes (MAM) apparaît généralement au dessus de 3500m, parfois à des altitudes inférieures, et peut causer la mort en quelques heures. Le MAM est le principal danger pour le trekkeur, il est donc nécessaire de parfaitement le connaitre pour mieux le gérer.

Le mal aigu des montagnes, qu’est ce que c’est ?

Son principal facteur d’apparition est une montée trop rapide en altitude. La plupart du temps, le mal aigu des montagnes est bénin et consiste en des maux de tête (96 % des cas), une fatigue importante, des troubles importants du sommeil (35 % des cas), des vertiges, une perte d’appétit et des nausées ; on note fréquemment une irritabilité. Ces premiers symptômes apparaissent généralement dans les 6 à 24 heures de séjour à votre altitude seuil (on peut le constater pour certains dès 2 500 m d’altitude).
Si le trekkeur continue sa progression en altitude, on peut voir apparaître les complications graves qui peuvent être mortelles : l’oedème pulmonaire (toux, crachats, lèvres bleues puis insuffisance respiratoire) et l’oedème cérébral (maux de tête intenses non soulagés par l’aspirine, vomissements, troubles de la vue, parfois troubles psychiatriques).

MAM : Pourquoi ?

En altitude, la pression atmosphérique, (donc la pression d’oxygène) diminue : il y a moins de molécules d’oxygène disponible pour l’organisme dans un même volume d’air. La quantité d’oxygène disponible à 3000 m correspond aux deux tiers à celle du niveau de la mer ; à 5000m, à la moitié ; au sommet de l’Everest, au tiers, avec, en outre, des variations en fonction de la latitude et de la saison.
L’organisme réagit à ce manque d’oxygène (ou hypoxie) par plusieurs mécanismes : une réaction immédiate, et qui va durer quelques jours, est d’augmenter la ventilation et la fréquence cardiaque afin d’essayer de capter davantage d’oxygène dans l’air et de le transporter plus rapidement aux organes qui en ont besoin. Ces deux phénomènes sont couteux pour l’organisme au plan énergétique puisqu’ils vont faire travailler davantage les muscles respiratoires et le coeur. Ils vont donc être remplacés ou complétés par un mécanisme plus économique : l’augmentation du nombre de transporteurs d’oxygène, les globules rouges produits par la moelle osseuse. Leur temps de fabrication explique qu’il faut au minimum une semaine de séjour à une altitude suffisante pour voir apparaitre leur augmentation dans le sang.
La ventilation et la fréquence cardiaque pourront alors diminuer, sans toutefois revenir aux valeurs de base, surtout si la montée en altitude se poursuit. Des modifications hormonales complexes vont également se produire, permettant d’éviter une rétention d’eau par l’organisme, phénomène majeur dans l’apparition des signes de mauvaise acclimatation à l’altitude.
La plupart des trekkeurs en bonne santé s’acclimatent correctement à l’altitude, à condition de respecter quelques règles simples .
comment bien s’acclimater ?
La meilleure prévention au mal aigu des montagnes (MAM) est, bien évidemment, une acclimatation
correcte :
Les règles d’or de l’acclimatation
• Montée progressive en altitude :
La grande règle d’or est de ne pas monter trop vite, trop haut : 300 à 500 m de dénivelée par jour en moyenne au-delà de 3500m, l’important étant la différence d’altitude entre les nuits consécutives (le passage d’un col dans la journée peut nécessiter une ascension plus importante, mais il faut redescendre dormir plus bas). Si vous vous sentez en forme vous pouvez, une fois arrivé au bivouac, monter de 200 à 300 m, y rester une heure et redescendre.
• Ne pas faire d’efforts physiques inutiles ou inconsidérés
Ne faites pas d’efforts violents même si vous vous sentez en pleine forme « pour se tester » en début
d’acclimatation. Cela peut favoriser l’apparition du MAM.
• Boire suffisamment d’eau (et avoir des urines claires…)
• Ne pas prendre de somnifères, qui favorisent les pauses respiratoires pendant le sommeil, ce qui aggrave
l’hypoxie.
Autre réflexe important, pour éviter les complications : si vous êtes malades en altitude, c’est le MAM
jusqu’à preuve du contraire ! Ne pas dire qu’on a mal à la tête parce qu’on a marché au soleil sans chapeau, qu’on vomit parce que les oeufs de la veille n’étaient pas frais… Le refus du diagnostique, souvent considéré comme vexant pour un sportif bien entrainé, peut aboutir à des catastrophes. Or, la condition physique et l’acclimatation à l’altitude sont deux phénomènes indépendants.
Dernière règle d’or : ne jamais laisser seul dans sa tente ou au bord du chemin un sujet souffrant du
MAM. Vous pouvez le retrouver mort quelques heures plus tard.
Si vous vous sentez mal (à l’exception des maux de tête soulagés par la prise d’aspirine), il faut arrêter de
monter et se reposer.
Beaucoup de gens ont recours à un médicament, le Diamox (Acétazolamide). Ce médicament améliore
incontestablement l’acclimatation et se délivre en France sur prescription médicale.
Si les signes persistent, il faut alors redescendre de 300 à 400 m et ne reprendre la progression que le
lendemain si les signes ont disparu. Dans le cas contraire, vous devrez renoncer à poursuivre le trek (chaque année des trekkeurs meurent pour n’avoir pas respecté ces règles ou pour n’avoir pas pu être redescendu suffisamment rapidement).
Autres conseils utiles :
Un bon entrainement physique avant de partir ne protège pas du MAM, mais est évidemment souhaitable, car si on additionne la fatigue due au manque d’entrainement et la fatigue du au MAM, on souffre 2 fois plus !
Evitez d’être carencé en fer, ce qui est fréquent chez les végétariens et chez les femmes, car il faut du fer
pour fabriquer les globules rouges.

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